Le Shift Project vient de publier un ensemble de focus sectoriels et une analyse inédite des besoins d’emploi et de compétences nécessaires pour réussir la transition dans l’incertitude. Nous nous intéressons particulièrement au focus logement.
Dans le cadre de son « Plan Robuste pour l’Économie Française », le Shift Project publie une note d'analyse majeure sur les enjeux emploi-formation du secteur du bâtiment. Le logement est un levier essentiel de la transition écologique, mais la réussite de ce chantier dépendra avant tout de la mobilisation et de la montée en compétences des professionnels.
Un besoin massif dans un secteur en tension Le bâtiment représente aujourd'hui 1 750 000 emplois, dont 1 160 000 sont dédiés au logement. Pour atteindre les objectifs de décarbonation, environ 200 000 postes supplémentaires devront être créés dans la rénovation énergétique d'ici 2030. Ce défi s'inscrit dans un contexte social déjà fragile : 78 % des recrutements sont jugés difficiles, aggravés par 500 000 départs en retraite attendus d'ici 2030 et un turnover de 20 % sur les chantiers. La filière des pompes à chaleur (PAC) est particulièrement sous pression, avec la nécessité de doubler ses effectifs d'installateurs et mainteneurs d'ici la fin de la décennie.
Compétences : au-delà du geste technique Les compétences techniques critiques sont désormais bien identifiées : maîtrise des matériaux biosourcés, raccordement d'équipements EnR et pilotage de projets complexes sur bâti existant. Cependant, l'étude souligne que les compétences relationnelles (conseil client, montage de dossiers, co-intervention) deviennent tout aussi vitales. Pour répondre à ces besoins, le dispositif RénoPerf remplace les modules FEEBAT avec une approche plus opérationnelle centrée sur les pathologies du bâtiment.
Repenser la formation et la fidélisation L'appareil de formation doit relever un défi d'efficacité : la formation initiale ne couvre actuellement que 40 % des besoins de recrutement. De plus, 7 jeunes sur 10 entrés en formation ne s'insèrent pas durablement dans le secteur. La reconversion professionnelle et le transfert des compétences de la construction neuve (en baisse) vers la rénovation globale apparaissent comme des leviers indispensables.
Appel à la stabilité réglementaire Le principal frein identifié reste l'instabilité des règles et des aides financières, qui génère un effet « stop and go » nuisible à l'investissement dans l'humain. Pour passer à l'échelle, les professionnels réclament une visibilité pluriannuelle et le développement d'innovations pédagogiques, telles que la formation en situation de travail (AFEST) ou les chantiers-écoles.
Publié le 27.05.26
